
Cinq postes
Le prix d’un t-shirt se répartit entre cinq postes principaux : la matière, la confection, la décoration, l’emballage et le transport. Chacun possède ses propres coûts fixes et variables. La matière dépend du fil, du grammage et du rendement de coupe ; la confection dépend du temps de couture et des finitions ; la décoration dépend de la technique ; l’emballage et le transport dépendent du conditionnement, du poids et de l’incoterm. Cette décomposition sert à poser les bonnes questions. Un fournisseur qui annonce un prix au t-shirt sans préciser la composition, le grammage, le nombre de points de décoration et le conditionnement ne permet pas de comparer. Il faut demander un devis ligne par ligne, puis vérifier que chaque ligne correspond au même produit. Un écart de prix peut venir d’un tissu plus léger, d’une finition simplifiée ou d’un transport non inclus.| Poste | Ce qui le fait varier | Question à poser |
|---|---|---|
| Tissu | Fibre, grammage, teinture, rendement | Quelle composition exacte ? |
| Confection | Coupe, pièces, finitions, contrôle | Quel temps de couture ? |
| Décoration | Technique, couleurs, emplacements | Quel visuel et combien de poses ? |
| Emballage | Format, impression, étiquetage | Quel conditionnement ? |
| Transport | Poids, volume, incoterm | Quel terme et quel point de livraison ? |
Tissu
Le tissu est souvent le premier poste, mais son poids dans le prix final dépend surtout du rendement de coupe. Une maille plus lourde consomme plus de matière au mètre carré, et un patron avec beaucoup de pièces laisse plus de chutes. Le prix au kilo ne suffit donc pas : deux tissus au même prix peuvent produire des coûts par t-shirt très différents si leur largeur, leur stabilité ou leur rendement changent. La fibre, le grammage et la teinture se combinent. Un coton plus lourd donne une main plus ferme et une meilleure opacité, mais il pèse aussi sur le transport. Un coloris dédié peut exiger un bain de teinture et un lab dip, ce qui crée un seuil de quantité. Un tissu en stock évite ce développement, au prix d’une palette plus limitée. La question utile n’est pas “quel est le prix du tissu”, mais “quel tissu, quelle largeur, quel rendement et quel coloris”.| Facteur | Effet sur le coût | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Fibre | Prix de la matière | Composition réelle et main |
| Grammage | Matière consommée | Opacité et poids expédié |
| Teinture | Bain et validation du coloris | Seuil par couleur |
| Largeur | Rendement de coupe | Chutes et plan de coupe |
| Stabilité | Retrait et rebut | Test après lavage |
Confection
La confection se chiffre en temps : coupe, assemblage, pose du col, ourlets, finitions et contrôle. Un t-shirt à col rond simple et un t-shirt à col monté, poche ou fentes latérales n’ont pas le même nombre d’opérations. Le temps de couture dépend aussi de la taille du lot, car les réglages et l’apprentissage du modèle se répartissent sur les pièces. Le contrôle qualité et l’emballage sont souvent oubliés dans les comparaisons. Pourtant, contrôler les mesures, les coutures et la propreté représente un temps réel. Un devis qui supprime cette étape peut sembler moins cher, mais il transfère le risque à l’acheteur. Il faut demander ce qui est contrôlé, sur quel échantillonnage et à quel moment de la production.| Facteur | Effet sur le coût | Question à poser |
|---|---|---|
| Patron | Nombre de pièces et rendement | Quel patron et quelles tailles ? |
| Col et finitions | Temps de couture | Quel type de col ? |
| Broderie ou détails | Opérations supplémentaires | Quel emplacement ? |
| Contrôle | Temps et personnel | Quel plan de contrôle ? |
| Conditionnement | Pliage et emballage | Quel format ? |
Décoration
La décoration introduit un coût fixe et un coût variable. La sérigraphie prépare un écran par couleur, puis facture un passage par pièce ; le DTG prépare un fichier et facture surtout l’impression ; la broderie numérise le logo puis facture le nombre de points ; le transfert découpe un gabarit puis facture la pose. Comparer deux techniques sans séparer ces deux parties conduit à des conclusions fausses sur les petits volumes. Le nombre d’emplacements compte autant que le nombre de couleurs. Un logo poitrine et un dos imprimé ne se cumulent pas comme deux fois le même travail : ils exigent deux réglages, deux contrôles et parfois deux temps de séchage. Pour un petit lot, le coût fixe pèse lourd ; pour un grand lot, c’est le coût par pièce et le rendu qui dominent.| Technique | Coût fixe | Coût variable | Volume adapté |
|---|---|---|---|
| Sérigraphie | Écran par couleur | Passage par pièce | Lots moyens et grands |
| DTG | Préparation du fichier | Impression par pièce | Petits lots et visuels détaillés |
| Broderie | Numérisation | Points et temps machine | Logos durables |
| Transfert | Découpe du gabarit | Pose et pression | Petites séries |
Emballage et transport
L’emballage semble marginal, mais il devient significatif sur les petits lots et sur les commandes directes au consommateur. Un sachet, une pochette imprimée, un coffret ou un carton n’ont ni le même coût ni le même impact sur le poids et le volume. L’étiquetage ajoute également du temps : étiquette de composition, étiquette de marque, code-barres et parfois notice. Le transport se calcule sur le poids et le volume, pas sur le nombre de pièces. Un t-shirt plus lourd ou un colis plus volumineux augmente le coût, surtout en aérien. L’incoterm détermine qui paie le fret, l’assurance et les formalités. Deux devis qui ne mentionnent pas le même incoterm ne sont pas comparables, même si le prix au t-shirt semble identique.| Élément | Ce qui change | Risque si non précisé |
|---|---|---|
| Sachet | Protection simple | Coût caché de remplacement |
| Pochette imprimée | Seuil d’impression | Petit lot plus cher |
| Coffret | Poids et volume | Fret sous-estimé |
| Carton | Remplissage et gerbage | Produit compressé |
| Incoterm | Responsabilité et assurance | Litige à la livraison |
Effet quantité
La quantité change le coût parce qu’elle répartit les coûts fixes. Les écrans, la numérisation, le patron, les réglages et le contrôle initial ne disparaissent pas quand le lot grandit ; ils se divisent simplement sur plus de pièces. C’est pourquoi le prix unitaire baisse souvent, puis se stabilise lorsque les coûts variables deviennent dominants. La baisse n’est ni automatique ni infinie. Elle dépend des paliers négociés avec le fournisseur de tissu, du nombre de coloris et de la technique de décoration. Un lot plus grand peut aussi immobiliser davantage de trésorerie et créer un risque d’invendu. Le bon volume est celui qui équilibre le coût unitaire et le risque commercial, pas nécessairement le plus grand lot possible.| Volume | Effet sur le coût fixe | Risque principal |
|---|---|---|
| Petit lot | Coût fixe élevé par pièce | Prix unitaire et disponibilité |
| Lot moyen | Meilleure répartition | Stock à écouler |
| Grand lot | Coût unitaire plus bas | Trésorerie engagée |
| Très grand lot | Négociation matière | Inflexibilité et obsolescence |
Comparer deux devis
Deux devis ne se comparent que si les postes sont identiques. Il faut aligner la composition, le grammage, la coupe, les finitions, la technique de décoration, le nombre d’emplacements, l’emballage, l’incoterm et le délai. Un prix plus bas peut cacher un tissu plus léger, un contrôle allégé ou un transport non inclus. La comparaison doit être écrite, ligne par ligne, avec les mêmes unités. La deuxième vérification porte sur les conditions, pas sur le prix. Un devis peut être ferme ou indicatif, valable trente jours ou soumis au cours du transport. Il peut inclure ou exclure les moules, les écrans, les frais de développement et les échantillons. Ces éléments changent le coût total, même lorsqu’ils n’apparaissent pas dans le prix unitaire affiché.| Élément | À vérifier | Risque d’écart |
|---|---|---|
| Tissu | Composition, grammage, largeur | Produit différent |
| Confection | Patron, finitions, contrôle | Temps sous-estimé |
| Décoration | Technique, couleurs, emplacements | Rendu ou durabilité |
| Emballage | Format, impression, étiquetage | Coût et délai |
| Transport | Incoterm, poids, volume | Responsabilité |
| Validité | Durée et conditions | Prix non garanti |

FAQ
Combien coûte la fabrication d’un t-shirt ?
Il n’existe pas de prix unique. Le coût dépend du tissu, de la confection, de la décoration, de l’emballage et du transport. Un t-shirt simple et un t-shirt premium n’ont pas la même structure de coût. Demandez un devis détaillé, avec la composition, le grammage et le nombre d’emplacements décorés, avant de comparer deux offres.
Qu’est-ce qui fait varier le prix ?
La composition, le grammage, la coupe, les finitions, la technique de décoration, le nombre de couleurs, l’emballage et l’incoterm. Le volume compte aussi, car il répartit les coûts fixes. Deux devis sans ces précisions ne sont pas comparables, même si le prix au t-shirt semble proche.
Le prix baisse-t-il avec la quantité ?
Oui, souvent, car les coûts fixes se répartissent sur plus de pièces. Mais la baisse n’est pas automatique ni infinie. Les paliers dépendent du tissu, du nombre de coloris et de la décoration. Demandez les paliers au fabricant et vérifiez ce qui change réellement à chaque seuil.
Faut-il comparer le prix au kilo ou au t-shirt ?
Le prix au t-shirt est plus utile, mais il doit inclure le rendement, la confection, la décoration et l’emballage. Le prix au kilo seul ne dit pas le coût réel, car un tissu large et bien rendu peut coûter moins par pièce qu’un tissu moins cher mais mal adapté au patron.
Comment éviter les mauvaises surprises ?
Demandez un devis ligne par ligne, avec la composition, le grammage, la coupe, la décoration, l’emballage et l’incoterm. Comparez à qualité et volume égaux. Faites préciser ce qui est inclus, la validité de l’offre et le traitement des pièces de réglage.